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Ces potions magiques qui font grossir les seins et les fesses !

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Les mamelons surdimensionnés, la protubérance fessière, la rondeur des femmes, en somme, auraient la cote au sein de la gente masculine ivoirienne. Du coup c’est la ruée  des filles et femmes vers les crèmes magiques. Au risque de leur vie. ‘’Tassaba’’, ‘’awoulaba’’, ‘’bobaraba’’, ‘’amoudjou’’….

Autant d’expressions pour désigner les formes généreuses des femmes ivoiriennes, notamment la protubérance fessière. Ainsi, à  côté des produits décapant la peau, ou la chirurgie esthétique, il y a, depuis quelque temps, une nouvelle tendance : celle de se faire grossir les fesses et les seins. Sans avoir recours au bistouri. Il s’agit, grâce à l’application de produits, de donner des formes très généreuses à son corps. Avec, comme point culminant, les fesses. Dans les rues  d’Abidjan, on rencontre de plus en plus des jeunes femmes qui se font remarquer par la proéminence de leurs fesses. En pagnes, en robe et surtout en pantalon. Ce qui fait des vagues à leur passage.
« J’aimais les grosses fesses, mais je n’en possédais pas. J’ai entendu parler de ces produits, je les ai essayés et ça a marché. Aujourd’hui, lorsque je me promène, je sens les regards dans mon dos et cela me fait plaisir. Je sens que j’existe », nous confie Koroutoum Diakité avec fierté. Elle a pu corriger son ”handicap” et désormais, peut marcher de longues distances dans la rue sans complexe aucun, sachant que les regards se posent sur son derrière. « Ma mère, venue du village pour passer des vacances chez moi à Abidjan, m’a demandé de me trouver une femme, une vraie. Elle trouve ma femme trop chétive pour me satisfaire, pour me rendre heureux »,  explique pour sa part, Olivier Atta, enseignant. « Je tiens à ma mère et je veux conserver ma copine. Alors, j’ai décidé de lui acheter de la vitamine et la pommade Bôtchô pour qu’elle l’applique», affirme le jeune homme.
«Avant, je me sentais vraiment mal dans ma peau. Maintenant, je n’ai plus de gêne», confie Ange Flore commerçante de produits cosmétiques aux Deux- Plateaux, visiblement heureuse. Aujourd’hui, le phénomène  a tellement pris de l’ampleur que des femmes de tous âges et de toutes les couches sociales s’y sont mises.  Souvent avec des produits de qualité douteuse au prix de leur vie.

Les potions aux origines douteuses

A travers les dix communes d’Abidjan, des écriteaux vantent les mérites des ‘’grossisseurs’’ de fesses et de seins qui se font pompeusement appeler « Docteur ». Devant le Forum d’Adjamé, les visiteurs sont envahis par ces vendeurs d’un autre temps. « C’est du bon. Cela ne ment pas. C’est fait à base de produits naturels donc pas de conséquences sur la santé. Il suffit de frotter les seins ou les fesses régulièrement et le résultat est là », hèle Jonas, devant le Forum d’Adjamé. A l’en croire, il va chercher ses produits dans les environs de Jacqueville, ville située à environ 50 kms d’Abidjan. Les tarifs varient de 1000 FCFA à 3O00 FCFA.  Et les clients en majorité des femmes ne manquent pas. « Tous ces produits sont réalisés à base de plantes naturelles et de miel. Je concocte la potion moi-même, je tiens la recette de mes grands-parents du village. Bobaraba et Bôtchô ont été conçus pour aider nos sœurs qui veulent avoir des formes généreuses. Elles doivent l’appliquer deux fois par jour sur la partie qu’elles souhaitent voir grossir et la masser, ça marche », argumente  le jeune vendeur qui indique gagner plus de 50 000 FCFA certains jours. Il confie livrer certaines femmes à domicile. Autre spécialiste de la question, le tradi-praticien Sounoukou Koné, a inondé les rues et la presse de ses annonces. Avec des produits à base de plantes, précise-t-il. «J’utilise des médicaments africains que je mélange avec du beurre de karité. Quand une femme sort d’ici après les soins, vous n’allez pas la reconnaître. C’est-à-dire qu’elle ressort avec des fesses rebondies, grosses ou larges selon le châssis ou la forme initiale de la patiente », se vente-t-il.

Certaines femmes préfèrent les produits pharmaceutiques vendus dans les « pharmacies par terre » au grand marché d’Abobo ou au niveau de l’ancien cinéma Roxy à Adjamé et dans les environs du commissariat du 3ème arrondissement. Sur les étables les vendeuses proposent des produits de toute sorte à ciel ouvert.  A notre passage l’une d’elles  nous vente les capacités d’une petite bouteille dont l’étiquette annonce qu’elle contient de la vitamine B12. Selon elle, il faut injecter ce produit dans une fesse une fois par jour. « Mais si vous n’aimez pas les piqûres, vous pouvez acheter une pommade, qui aura le même effet », affirme la commerçante.

Les produits généralement utilisés pour développer les « atouts » féminins sont de plusieurs ordres et varient en fonction des bourses. L’on a généralement affaire à des produits dénommés Vital’s, Star-Vit, Estyplex 5. Vital’s est un médicament de type suppositoire. Les « commerçantes-médecins » du marché conseillent généralement aux femmes deux injections par semaine pour une durée de deux mois. Selon les vendeuses, ces trois compositions ne sont pas utilisées simultanément pour le traitement qui dure 45 jours, voire deux mois, selon le potentiel fessier désiré.

A côté de ce premier ensemble de substances, se trouve un autre groupe composé de produits de massage. Il s’agit notamment des produits provenant de la Chine, de l’Inde et du Brésil. Le premier type comprend les produits « bôtchô» fabriqués à base d’huile de foie de morue, de miel et de plantes que l’on rencontre aujourd’hui à tous les carrefours. Le second type concerne les produits Sexoplus, très onéreux (20. 000 FCFA le pot d’une dose, 40.000 FCFA le pot de 2 doses et 60.000 FCFA celui de 3 doses) qui sont fabriqués à partir de 10 plantes naturelles d’Indochine.

Des magasins et non des moindres se sont mis dans ce commerce à travers les rues d’Abidjan. A l’image des salons Miss Swan à travers la ville d’Abidjan. « Les salons «Miss Swan» existent depuis des années. Notre objectif est d’aider à l’amélioration de l’aspect physique de nos clients. Nous nous occupons du corps en général. Le teint, les cheveux, la forme… Nous cherchons à embellir, à corriger  toutes les imperfections que l’on peut avoir sur le corps.
Nous existons pour répondre aux préoccupations des populations. En majorité des femmes. Celles, par exemple, qui veulent faire grossir leurs fesses, grossir ou diminuer leurs pistolets et  aussi grossir ou raffermir leurs seins
 » confiait récemment la promotrice, Eva Tapé dans un entretien à un confrère. Selon elle Le prix de ces pommades magiques n’est pas maigre non plus. Pour avoir une belle paire de fesses, il faut lâcher entre 10.000 FCFA et 25.000 FCFA par produit. Des pratiques qui malheureusement comportent des conséquences non négligeables.

Les femmes prisonnières des fantasmes des hommes

Les pommades qui font grossir exagérément le postérieur peuvent avoir un impact négatif sur la santé et peuvent provoquer au-delà de l’augmentation asymétrique des fesses, des cancers et des difficultés liées à l’accouchement. Pour  Dr Soro à Yopougon-Keneya, le drame de ces potions magiques c’est  « qu’on ne sait pas avec quoi est fabriqué ce produit, il ne vaudrait mieux pas l’utiliser. Parce qu’il y’a des produits ou des médicaments qui à première vue ne semblent pas dangereux pour la santé, mais des années après, on apprend qu’ils ont des effets cancérigènes ou autre. A mon avis cela ne vaut pas le coup de prendre ce risque. Pour prendre du poids demande plutôt à ta copine de consulter un médecin, il pourra lui prescrire des médicaments ».

A en croire des spécialistes de la santé,  l’ingurgitation de ces capsules prohibées (avec des formes hors de la norme), et autres potions magiques pourrait provoquer une insuffisance rénale, une perforation des intestins et des hépatites. Autant de conséquences qui devraient faire rebrousser chemin aux dernières résistantes. «  Prendre des médicaments ou des produits sans l’avis du médecin, sans ordonnance et sans connaitre la composition du produit, c’est vraiment trop risqué. Même si ce bobaraba est tentant, il faut se méfier. C’est comme les crèmes éclaircissantes, beaucoup les utilisaient sans connaitre les dangers et au final, ces crèmes contiennent des produits cancérigènes, malgré cela, certaines continuent à les utiliser », prévient Dr Touré au Plateau Dokui.

Il explique que  l’application des produits sur les fesses et les seins pour obtenir leur augmentation provoque une désorganisation des cellules adipeuses (graisseuse) qui conduit au cancer. Il poursuit pour dire  que, sur le plan anatomique, les fesses situées à la jonction du tronc en haut et des membres inférieurs en bas sont constituées de muscles qui jouent un rôle essentiel dans l’articulation de la hanche, et donc du bassin qui est très important pour l’équilibre, la stature de la femme.  Une augmentation exagérée ou asymétrique des fesses peut déséquilibrer la stature de la femme et donc du bassin, entrainant des difficultés lors de l’accouchement.

Au-delà du phénomène, il faut s’attaquer au mal à la racine Il faut s’attaquer à la cause qui est la présence de «produits prohibés (Vital’s, Star-vit, Estyplex-5) et de contrebande sur nos marchés. Malheureusement, malgré les mises en garde, des femmes ne lâchent pas ces pratiques dangereuses.   Tout cela à cause des fantasmes des hommes qui évoluent au gré de leurs humeurs du moment. Méditons sur cette analyse d’un ami: « Sachez qu’une femme qui a confiance en elle, qui se sent belle, plaira toujours aux gens à l’extérieur. Enfin tous les goûts sont dans la nature, mais n’oublions pas que le charme d’une femme n’est pas forcément synonyme de formes et rondeurs sur le corps, c’est un tout. »

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