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Les bourreaux n’ont qu’à bien se tenir

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Le Fespaco 2019 aura servi de grands moments d’émotions aux cinéphiles. Ce n’est pas souvent qu’on a l’occasion de voir des films africains. Du 23 février au 02 mars derniers, les festivaliers en ont eu pour leur compte. Environ 455 films projetés dans les différents espaces de diffusion de Ouagadougou, capitale du cinéma africain le temps d’une semaine. Ça valait le déplacement.

Si ce cinquantenaire a été marqué par de belles productions, des présences significatives et un contenu fort intéressant, il a aussi ouvert le champ des possibles pour des femmes qui ont décidé de libérer la parole. En effet, le Fespaco 2019 restera dans les annales pour une polémique sur les agressions dont sont victimes les femmes du milieu du cinéma. Un débat ouvert sur la question par Aïssa Maïga a permis à Azata Soro de dénoncer une injustice dont elle a été victime sur le tournage d’une série du réalisateur Tahirou Tasséré Ouédraogo. Ladite production était en compétition à ce festival.

Les révélations et l’émotion filmées ont créé un tollé sur les réseaux sociaux. En larmes, Azata Soro a expliqué comment elle a été défigurée par Tahirou Tasséré, qui n’a pas été puni à la hauteur de son acte. La preuve, l’affaire n’a pas fait grand bruit à l’époque des faits.

De nombreuses femmes ne portent pas des marques aussi visibles que celles d’Azata Soro. Elles sont harcelées, piétinées, humiliées, forcées de coucher pour obtenir des rôles ou s’assurer une ascension dans le milieu. Une face hideuse qui reste longtemps cachée. Le secret devient trop lourd quand après avoir autant donné, elles se retrouvent toujours au même point.

Même pour celles qui tutoient la gloire, se taire face à l’ampleur du phénomène-ne datant pas d’hier- est une épine dans le pied. Alors, que reste-t-il à ces femmes qui ont du talent à vendre, mais dont le seul pêché est d’être nées femmes…d’être désirables ? Réponse toute simple : Internet.

La relaie assuré autour de cette polémique sur Internet a imposé une sentence plus sévère qu’un tribunal. Tahirou Tasséré a perdu une bonne partie de ses soutiens financiers, notamment de la chaîne TV5 monde. Personne n’a ouvertement pris sa défense. Autour d’un déjeuner, un cinéaste a clairement estimé que c’était la fin pour lui. Ça reste à voir.

Il est peut-être temps que les hommes qui harcèlent ou conditionne la réussite des femmes à leur plaisir charnel ouvrent les yeux sur notre époque. On est en 2019. Tout se sait. Tout est susceptible d’être su. Quand vous faites le choix d’être des bourreaux, ayez en tête qu’un audio de 15 secondes diffusé sur les réseaux sociaux  est largement suffisant pour briser tous vos rêves. Ne jouez plus avec le feu. Les mouvements féministes ont de quoi faire, certes. Mais, les réseaux sociaux restent l’une des meilleures réponses à cette ignominie. Et ce n’est que le début !

Profiter de sa position pour écraser les autres n’est pas la plus honorable des postures. Je suis curieuse de savoir quel plaisir on peut bien tirer dans le fait de fragiliser davantage un être plus faible.

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