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Que reprocher aux blanches qui se font passer pour des noires ?

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Il y a quelques semaines, les réseaux sociaux étaient en ébullition La communauté noire s’insurgeait contre des blanches adeptes du blackfishing. Une tendance à se faire passer pour des noires (grâce au make-up) nées sur Instagram. Ce qui leur a fait gagner des fans bavant devant leur beauté et leur façon d’être black. Tout cela n’était donc que fake et bouffonneries. Les masques noirs  sont tombés. Il n’en fallait pas plus pour faire rougir de colère, les frères et sœurs de la communauté black du monde entier.

Que n’a-t-on pas entendu ? Elles veulent juste profiter du bon côté d’être noires sans assumer le revers…Et bla et bla et bla… Les plus in des expressions à la mode ont crié à « l’appropriation culturelle ». Ça tombe bien ! Parlons-en…

De quoi s’agit-il exactement ? L’appropriation culturelle est le fait pour un individu, une entité ou une communauté de s’inspirer partiellement ou intégralement des us et coutumes d’un peuple à des fins lucratives ou non. Que Dior plagie la veste traditionnelle d’un village roumain, que Stella Mc Cartney utilise non seulement du pagne mais aussi un modèle traditionnel de robe (kaba ngondo) camerounais ou que Hermès s’inspire des tissus artisanaux bamilékés (communauté camerounaise) pour ses créations à la barbe et au nez de tout le monde, sans que les plagiés en profitent de quelle que manière, c’est du vol (du plagiat en bon français). Dans ces cas, il y une  appropriation culturelle qui ne profite malheureusement pas à tout le monde.

Cependant, essayons de relativiser et d’avoir une perspective plus élevée de cette tendance. Si elles veulent se faire passer pour des noires, c’est parce qu’elles trouvent un intérêt à être noires. Elles renvoient aux yeux du monde un complexe que même les médias occidentaux (français en l’occurrence) ont condamné avec véhémence, soulignant avec emphase, l’inquiétude à inverser la tendance du sombre complexe de la peau blanche. Et ils ont raison. Le “black is cool” est en marche et personne ne pourra l’arrêter. Même s’il reste un important travail sur les personnes braquées convaincue que  la blancheur de la peau est le symbole notoire de beauté.

Oui, parce que ça existe, le phénomène inverse au blackfishing. En Côte d’ivoire le phénomène porte le nom de « Tchatcholi ». Au Cameroun, il est ironiquement appelé « Djansan ». Quelle que soit la métaphore employée pour se détourner de la réalité, le fait est qu’il y a des noirs qui veulent devenir blancs. Pour autant, y a-t-il eu un remue-ménage similaire à celui suscité par le blackfishing de la part des blancs? Pas que je sache. Pourquoi l’inverse choquerait-il? Assisterait-on à une sorte de racisme? Peut-être pas. Mais j’y vois des miasmes d’une hypocrisie mal placée. Le problème est ailleurs.

Il est clair que ces blanches aux masques noirs n’ont pas été honnêtes dès le départ. Elles auraient avoué être fans de la peau noire qu’elles ne s’en seraient pas autant pris dans la gueule. Mais, si on regardait le bon côté de la chose, on se rendrait compte qu’il y a, derrière cette tendance, les bribes d’un regard nouveau sur la peau noire. La question mérite d’être creusée.

Et puis, ne sommes-nous pas tous des hybrides culturels ?

 


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