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« Si notre génération met l’accent sur des films universels, il y a des chances qu’on attire un nouveau public » – Maky Madiba Sylla

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Présent à la 14ème édition du Festival de Cinémas d’Afrique-Lausanne, ce jeune artiste-musicien et réalisateur d’origine sénégalaise revient sur son projet cinématographique et livre ses impressions sur le cinéma africain.

Quelle est la raison de ta présence au Festival de Lausanne ?

Je suis au festival de Cinémas d’Afrique-Lausanne pour faire des rencontres et échanger avec les professionnels du cinéma tout simplement parce que je travaille sur un film documentaire qui s’appelle El maestro. C’est un documentaire musical dans lequel je retrace le parcours de la vie d’un des plus grands chanteurs de musique latino qu’on appelle la musique afro-cubaine qui s’appelle Lambassa. Il est originaire du Sénégal et il est décédé il y a une dizaine d’années. Je travaille sur ce film qui est presque terminé et qui est rentré en post-production. Cela me permet aussi de trouver des subventions ou même un producteur pour le terminer.

En exclusivité, quel est le synopsis de votre film-documentaire ?

En fait, je retrace le parcours de Lambassa. Lambassa c’est l’une des toutes premières stars de la musique en Afrique surtout en Afrique de l’Ouest en dehors de la partie anglophone (Ghana), il était connu partout et il a joué avec le fameux groupe d’orchestre surnommé Aragon. Le film retrace son parcours à travers le regard de son fils qui veut faire de la musique… Lambassa a tourné un peu partout dans le monde et comme il a connu une fin assez difficile de sa vie, le film reviendra également dessus parce que ces derniers moments ont été un peu tragiques. Malheureusement en Afrique il n’y a pas de mémoire, c’est important pour moi de revenir sur ses défis afin que le la jeunesse puisse savoir ce qu’il a été et qu’elle puisse s’en inspirer.

Quelles sont les motivations qui vous poussent à réaliser le film documentaire sur Lambassa ?

Il n’y a aucun lien de parenté entre lui et moi. Juste que le personnage est fascinant et je ne comprends pas comment on a pu l’oublier. Un homme de sa dimension vu que c’est quelqu’un qui a beaucoup fait. Lambassa c’est le premier disque d’Or de la musique en Afrique de l’Ouest. Il a commis un album qui s’est beaucoup vendu à New-York notamment celui qui a été produit par Roberto Torres. On parle quelqu’un qui a voyagé un peu partout à travers le monde et qui a été connu par les plus grands présidents d’Afrique. Mais à la fin de sa vie il est mort ruiné et pauvre parce qu’il était tout seul. C’est donc important que la jeunesse découvre ce personnage.

Le film sortira à quel moment ?

Faute de financements je ne saurai dire quand sortira le film mais je croise vraiment les doigts pour pouvoir le terminer avec les contacts que j’ai pu me faire. Je le coréalise avec un ami suisse qui travaille à la TS.

Le festival vous a-t-il été bénéfique ?

Il a été intéressant. J’ai fait de belles rencontres avec des professionnels du cinéma (producteurs, réalisateurs,..). Mais dans les prochaines semaines je serai à Carthage pour faire d’autres rencontres et on verra ce que ça va donner. Mais j’ai vraiment hâte d’entrer en post-production d’ici 2020 et pouvoir terminer le film car il a déjà été travaillé à 90% en ce qui concerne la production.

Quel regard avez-vous du cinéma africain ?

Si notre génération met l’accent sur des films à visée universelle, il y a des chances qu’on attire un nouveau public et davantage des gens. Avec cette façon de voir et de faire, il y a de l’espoir que dans un futur proche les réalisateurs fassent travaillent sur des thèmes qui peuvent intéresser tout le monde. Et là, le public occidental commencera aussi à consommer des films africains. Mais avant il va falloir qu’on cesse de se mettre dans des cases qui viennent réduire notre champ de vision.

Propos recueillis par Blaise Pascal Tanguy

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