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Ecrans noirs 2019 : Mahmoud Ben Mahmoud questionne le fanatisme religieux dans « Fatwa »

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Le long métrage tunisien a été projeté hier, dimanche 14 juillet 2019 à la salle Sita Bella.

Le film commence par une absence. Un regard vide. Comme inhabité, Brahim est là, figé dans le hall de cet aéroport qui n’a guère de bonnes nouvelles pour lui. Pour un retour dans sa Tunisie natale, l’homme n’aura pour mots de bienvenue que « Mes condoléances » de son frère venu l’accueillir.

Brahim vient de perdre son fils, Marouane, dans un accident dont les détails semblent flous. Séparés de Loubna depuis quelques années, Brahim a refait sa vie à Paris. Mais il était resté à l’écoute de son fils. Du moins, c’est ce qu’il croyait.

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En fouinant, Brahim se rend compte que Marouane avait renforcé sa foi à travers l’Islam au point de se radicaliser. Il a été endoctriné par des salafistes qui fustigeaient le mode de vie occidental. Lui qui voulait devenir artiste, en est arrivé à se détacher de sa mère, Loubna. Il était tombé sur le manuscrit de cette parlementaire farouchement opposée aux pratiques religieuses, et particulièrement à l’extrémisme religieux. Elle comptait éditer un livre sur l’obscurantisme autour de l’Islam.

Pour ses positions et ses projets, Loubna faisait l’objet d’une « Fatwa ». Sa tête, ainsi que de nombreux leaders progressistes de la société tunisienne étaient « mises à prix », raison pour laquelle elle a été mise sous protection policière. Marouane l’a su et, pour avoir pris la défense de sa mère, il s’est fait tuer. Son meurtre a été maquillé en accident de la route. Parmi ses assassins, son voisin du pallier du dessous, coupable de violences domestiques dont l’épouse finira par le dénoncer.

Mais, alors que l’on croit l’affaire résolue et que Brahim a plié ses bagages pour reprendre le cours de vie, il se fait trancher la gorge à l’aéroport. Le happy end, ce sera pour une autre fois. Le film s’achève comme il a commencé, dans l’absence, le vide, le deuil… En l’absence du réalisateur, des spectateurs ont partagé, entre eux, les émotions provoquées par cette fin tragique.

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Au-delà de l’histoire, il y a une perspective différente posée sur l’extrémisme religieux. Mahmoud Ben Mahmoud, le réalisateur, propose un regard humain à une question d’actualité. On voit le déchirement des familles qui voient leurs membres se radicaliser ou alors le traumatisme du regard passif de l’épouse  soumise d’un salafiste. En gros, tous les musulmans ne sont pas des terroristes. Dans une de ses répliques, Loubna dit d’ailleurs à Brahim, « Il vaut mieux d’être civilisé que d’être religieux ». Cette phrase résume le film.

« Fatwa » est en compétition aux Ecrans noirs 2019 dans la catégorie longs métrages internationaux. Il était en lice dans la même catégorie au Fespaco 2019. Il y a remporté l’Etalon de bronze, derrière « Karma » de l’Egyptien Khaled Youssef et « The mercy of jungle » du rwandais Joel Karekezi.

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