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Ecrans noirs 2019 : ce que les « fous » ont à dire

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Dans « Le fou, le génie et le sage », documentaire de la réalisatrice burkinabé Maïmouna Ndiaye, la question de la déficience mentale est expliquée avec simplicité et intensité.  La réalisatrice a fait parler les concernés. Une démarche assez rare pour être mise en lumière. 

Que disons-nous des fous qui errent dans nos rues ? Que faisons-nous de nos proches pas comme tout le monde ? Que pensons-nous de ces êtres malades et détachés de la société ? En général, la première réaction, consciente ou inconsciente, c’est le rejet. Parce qu’ils sont sales et qu’ils posent des actes que les personnes « normales » ne poseraient surtout pas en public.  Alors, on les laisse livrés à eux-mêmes.

Maïmouna Ndiaye s’est intéressée au sujet. Elle est certainement la première à donner la parole à ces personnes mises au ban de la société. Dans « Le fou, le génie et le sage », elle est allée à la rencontre des déficients mentaux du Burkina Faso pour écouter ce qu’ils ont à dire. Dans ce documentaire de 78 minutes, l’on découvre par exemple Fulgence, un « fou » philosophe qui dit être né à Leningrad (Russie). Au-delà de son air rébarbatif, il pose parfois un raisonnement logique sur des questions existentielles. Il a aussi ce rire qui le rend attachant.

Médecine, religion ou sorcellerie ?

Le documentaire évoque deux éléments pour éclairer sur la notion de folie. Il y a, d’un côté, la science qui explique, à travers la psychiatrie, que tout être est susceptible de développer des troubles mentaux. Que cela peut être lié à l’hérédité, à l’environnement ou à d’autres facteurs.

D’un autre côté, il y a l’aspect mystique manifesté à travers des génies. « Le fou, le génie et le sage » donne la parole à des personnes qui disent être troublées par des maris ou des femmes de nuit. Des êtres qu’elles sont seules à voir. Des esprits en somme, avec qui elles ont une vie.  Un jeune homme interviewé par Maïmouna Ndiaye a d’ailleurs affirmé avoir cinq enfants avec l’un de ces esprits dont il essaie, depuis de longues années, de se séparer.

Œuvre militante

Devant ce triste sort, les espoirs des familles reposent sur trois domaines : la médecine moderne, la médecine mystique et la religion. Le documentaire donne la parole à des psychiatres, montre pasteur et guérisseur à l’œuvre, sans jugement sur l’impact réel de leurs traitements. Une œuvre militante pour changer les mentalités et pousser les autorités à prendre plus au sérieux, la question de l’encadrement des déficients mentaux.

On ressent l’implication de la réalisatrice tout au long du documentaire. Son regard compatissant transparaît dans certaines scènes. Difficile de sortir indemne après avoir regardé « Le fou, le génie et le sage », en compétition aux Ecrans noirs dans la catégorie « Documentaires internationaux ».

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