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Comment Alex Moussa Sawadogo voit l’avenir du cinéma africain

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Le directeur artistique du « Ouaga film lab » pense que le continent devrait investir sur des incubateurs devant améliorer la qualité de la production cinématographique africaine. Il en parle dans une interview accordée à nos confrères de francetvinfo.fr.

Comment faire respecter le cinéma africain ? C’est la grande question du 7ème art africain, qui souffre de nombreuses carences. Au premier rang, le manque de financements.  Les mécanismes mis à la disposition des cinéastes sont hyper sollicités. Du coup, la situation reste précaire. A ce propos, Alex Moussa Sawadogo déclare : « Le Fonds Jeune création francophone, qui a été mis en place par un collectif d’institutions francophones, est très sollicité depuis sa création. Nous recevons chaque année des centaines de projets. Si des partenaires francophones du Nord arrivent à s’organiser, pourquoi n’est-ce pas possible en Afrique ? De quoi avons-nous besoin pour que cela le soit ? D’autant que le Fonds Jeune création francophone, initié par le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée, France), est géré par un collectif africain, à savoir Générations films [qu’il a mis sur pied en 2016, Ndlr]. Chaque Etat ne pourrait-il pas contribuer, à l’aune de ses ressources, à un fonds destiné à financer la production cinématographique ? Combien de forums entre chefs d’Etat, ministres africains ou autres faut-il encore organiser pour lancer ce type de structure ? »

Au-delà des disponibilités financières, il y a une question de structuration à la base. « La Berlinale en Allemagne, Locarno en Suisse, où l’aventure du film Atlantique a commencé, Cannes en France, Toronto au Canada… tous ces grands festivals ont créé des laboratoires, des incubateurs qui permettent le développement de très bons films qui reviendront plus ou moins dans ces festivals. Le projet de Mati Diop a été accepté en 2012 à Locarno et Cannes a reçu le produit fini. Aujourd’hui, un festival comme le Fespaco n’a pas d’incubateur. Nous n’avons pas attendu et nous avons créé le Ouaga Film Lab. Si les festivals en Afrique n’ont pas d’incubateur, comment voulez-vous que les jeunes porteurs de projets puissent être accompagnés dans leur processus créatif : développer leur idée, avoir des producteurs et des distributeurs afin que leurs œuvres soient finalement vues ? Si les pays africains tardent à mettre en place des fonds pour la production, les cinéastes se tourneront vers le Nord. Ce qui est tout à fait compréhensible », s’inquiète Alex Moussa Sawadogo.

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